Inauguration de la fontaine N-D de Consolation au Vieux-Marché

Événement de juin 2014 : Les travaux du groupe « entretien du petit patrimoine » qui a remonté entièrement à l’ancienne, les murs de l’enclos et la fontaine Notre-Dame de Consolation au Vieux-Marché. L’inauguration a eu lieu le 20 juin 2014. (1 photo)

Vendredi 20 juin 17h00

Discours de Mme Liliane Le Gac, Présidente de l’ARSSAT.

fontaine vieux marché 1

 

C’est avec fierté, eu égard au travail accompli, que l’ARSSAT achève aujourd’hui la restauration de la Fontaine du Penker dite « Notre-Dame de Consolation » qui, à l’origine, devait être rattachée à la chapelle du même nom, devenue église paroissiale au XIXe siècle.
Je félicite et remercie en premier les membres de l’équipe qui ont œuvré durant trois ans avec enthousiasme et efficacité, sous la conduite de Jean-Louis Jubin, à la restauration de ce monument.
C’est en 2011, lors d’une visite du patrimoine du Vieux-Marché en compagnie de Marie-Thérèse Mahé que nous avons découvert ce qu’il restait de la fontaine, c’est-à-dire un bassin non entretenu avec quelques pierres d’entourage, des murs d’enclos effondrés et les belles pierres sculptées du fronton, éparpillées dans le champ.
Les membres de notre association dont le but est la sauvegarde du patrimoine, se sont émus de cet état de ruine.
J’ai donc contacté M. Gérard Kernec maire du Vieux-Marché pour lui faire part de notre envie de rebâtir cette fontaine avec les pierres se trouvant sur place, à l’identique de ce qu’elle avait pu être au XVIIe siècle. La fontaine appartenant à la commune, les élus nous ont donné l’autorisation de la rebâtir et nous ont apporté l’aide matérielle nécessaire durant ce chantier.
Avant de nous lancer dans la phase de réalisation, nous avons pris les conseils de Claude Berger, ancien président de notre association, notre spécialiste en la matière qui depuis les années 1980 a inventorié les fontaines de notre territoire et publié deux livres sur le sujet. Nous avons également pris l’attache de Didier Pidoux, paysagiste, conseiller au CAUE des Côtes d’Armor (Conseil d’Architecture d’Urbanisme et d’Environnement) qui nous a encouragé et nous donné la méthodologie à suivre.
Nous avons aussi la chance d’avoir parmi nos adhérents Paul-Gilles de Parscau, maçon, tailleur de pierres, spécialiste de restauration à l’ancienne qui nous a initié à son savoir-faire en nous expliquant notamment la manière de monter les murs avec un mélange d’argile et chaux.
Un Vieux-Marchois, Roger Pierrès, nous a rejoint avec enthousiasme et nous a aussi apporté son savoir-faire dans les métiers du bâtiment.
Je n’oublie pas de remercier le Crédit Mutuel de Lannion et le Crédit Agricole de Plouaret pour leurs aides financières.

Je rappellerai que notre association créée en 1969, a participé à plusieurs restaurations de fontaines : N-D du Yaudet ; St Roch à Lannion ; St Yvi à Loguivy-Les-Lannion ; St Jean et St Maudez à Plouaret ; St Fiacre à Ploubezre…
Depuis 2010, j’ai voulu mettre en place des groupes de travail pour renouer avec nos activités de départ.
Les fontaines sont les témoins de notre passé. Des hommes les ont construits avec un savoir-faire remarquable. Nous nous devons de les préserver et les transmettre en héritage aux générations futures.
En Bretagne, depuis 7000 ans des hameaux ont pris naissance autour de ces sources de vie. Les Dieux de nos ancêtres se sont appropriés ces fontaines où l’eau jaillit comme par miracle, les dotant de vertus ou de pouvoirs. Puis avec l’arrivée des Bretons d’Outre-Manche, elles ont été christianisées, un saint y est honoré (ici, N-D de Consolation, d’après les recherches historiques menées par Marie-Thérèse Mahé aux Archives Départementales).
Mais beaucoup de ces fontaines ont été délaissées et abandonnées depuis un siècle. Il importe à chacun d’entre nous de veiller à la conservation de ce patrimoine bâti ancestral, sensible aux visiteurs de passage.
Nous livrons aujourd’hui la fontaine N-D de Consolation à la Commune et au Vieux-Marchois. Pour terminer, avant de passer la parole à Jean-Louis, je reprendrai des phrases du livre de Claude Berger :
« Il faut savoir qu’une fontaine non entretenue pendant trente ans est une fontaine qui se meurt. Au moins deux entretiens par an sont nécessaires pour garder sous contrôle l’eau qui sourd, qui cherche toujours le plus court chemin pour s’évader, créer son ru, son ruisseau, sa rivière, son fleuve avant de rejoindre la Mer.
Chemins empierrés, panneaux de signalisations, voilà le challenge confié par nos anciens aux habitants proches, à leurs municipalités, à leurs élus, ainsi ce patrimoine bâti sera sauvé et notre travail n’aura pas été vain !… »
Mais au Vieux-Marché, nous savons que Roger sera là pour y veiller…

Liliane Le Gac

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERAOLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA OLYMPUS DIGITAL CAMERA