LA PECHE ISLANDAISE A PAIMPOL. De la fiction romanesque aux tragiques réalités

Dimanche 18 février à 14h30

Conférence à Lannion Par Pierre GUERIN

Salle de conférence Sainte-Anne à Lannion – 1 quai du Maréchal Foch – Entrée libre

Conférence organisée en partenariat avec l’Espace Sainte-Anne

Le roman de Pierre Loti « Pêcheur d’Islande » et la chanson de Théodore Botrel « La Paimpolaise » ont légué à la postérité un imaginaire paimpolais-islandais qui ne sépare pas bien la réalité de la légende. L’historien universitaire François Chappé, décédé en 2007, a montré dans sa thèse « Paimpol, la République et la mer, 1880-1914 » comment cette traduction épique de la pêche islandaise a occulté les causes de sa dimension tragique. L’aventure islandaise est extraordinaire, mais, selon les témoignages nombreux, divers et concordants de l’époque, l’armement islandais est sévèrement jugé et l’aventure ne devient extraordinaire qu’à cause des conditions inhumaines dans lesquelles elle se déroule. L’historien souligne le contraste entre les réalités sociales et humaines de cette pêche « à Islande » et le projet républicain qui s’affirmait alors à Paimpol.

Le point de vue adopté par François Chappé est celui d’une éthique humaniste, qui devrait, selon lui, inspirer tous ceux, historiens ou promoteurs du patrimoine, qui ont un devoir de mémoire à l’égard des hommes du passé dont ils revisitent les traces.

Le philosophe Pierre Guérin, ami de longue date de François Chappé, s’est particulièrement intéressé à la réflexion épistémologique et déontologique de l’historien sur les rapports entre histoire, mémoire et patrimoine. Après le décès de François Chappé, Pierre Guérin s’est appuyé sur son expérience de professeur de philosophie dans l’enseignement agricole public pour vulgariser cette réflexion et pour diffuser l’œuvre de François Chappé, notamment par la réédition du livre « PAIMPOL, la République et la mer, 1880-1914.