Constat après la grande marée

L’Arssat a profité de la dernière grande marée (coefficient 119) pour vérifier et surveiller les acquis archéologiques de la Côte, en liaison avec le réseau ALERT de l’Université de Rennes II.
Le constat est le suivant :
-Par fort coefficient (119), il n’y a aucunes nouvelles dégradations à partir du moment où il n’y pas de houle.
-Les pêcheries anciennes réapparaissent à la basse mer, comme à Trébeurden à Pors Termen.
Ce constat permet aussi de confirmer que l’érosion de la côte ne vient pas principalement pas de la montée des eaux commencée il y a 15 000 ans mais du phénomène des tempêtes qui a toujours touché nos régions. Dire que la mer reprend ses droits, c’est ignorer que la mer ne s’est jamais approprié nos terres depuis 130 000 ans dans le rythme immuable des changements climatiques. On pourrait aussi alors dire que le désert reprend ses droits ?
Cette montée des eaux a été d’ailleurs combattue par nos ancêtres par des digues et des enrochements que seules les violentes tempêtes mettaient à mal mais que la volonté des hommes maitrisait alors. Saint-Malo tient ainsi depuis le XVIème siècle.
En fait la mer ne monte pas inéluctablement, elle est même redescendue parfois. La dernière datation au radiocarbone faite par l’ARSSAT en 2014 a montré que les chênes de la baie de Kerlavos à Trégastel ont été recouverts, il y a 4300 ans. Donc depuis cette date, l’eau est aux pieds de nos falaises et de nos dunes. La montée des eaux est plus lente qu’on le dit depuis le néolithique (2 à 4 mm par an, soit 4 m en 1000 ans). Le nombre de jours à coefficient supérieur à 100 est néanmoins préoccupant en 2015, s’il s’y conjugue une houle d’ouest.

Cette fois, avec 119 de coefficient,  une pression atmosphérique de 1022 hPa et un léger vent d’est, les conditions étaient requises pour une  basse mer intéressante  mais par contre une haute mer décevante pour les amateurs photographes, mais inoffensive pour le patrimoine archéologique.

Pour l’Arssat, cela a permis de confirmer la présence d’une pêcherie à Pors Termen (Trébeurden) parfois appelée par erreur mur gaulois. Sa datation n’a jamais été faite mais elle a le type classique des pêcheries à marée de la côte, sans doute utilisées depuis des siècles.

 

 

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La pêcherie de Pors Termen à Trébeurden

 

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L’amas de cailloux généralement recouvert d’eau ou de sable